vendredi 16 février 2007

Tribulations Bostonniennes - Printemps 2003 – Le gaz

Je n’ai jamais eu le gaz chez moi, toujours des plaques électriques. Mes parents ont du me répéter un peu trop souvent : « Le feu c’est dangereux, ça brûle », ça m’a toujours fait peur. Tous les accidents qu’on entend, les risques d’explosion… Bref, le gaz booouuuuuh. En arrivant à Boston, dans l’appart du campus je me suis aperçue que oh, joie, c’était bien une cuisinière à gaz. Bon, j’avais grandi, tout ça, tout ça, je me suis dit que j’allais survivre, surtout que vu le peu de cuisine que je fais, je risquais pas grand chose.

Quelques semaines après, en revenant du supermarché, je pose innocemment mes sacs plastiques sur… la cuisinière, et oui, toutes les autres surfaces étaient recouvertes de vaisselle dans un état de décomposition plus ou moins avancé. Je sents une odeur bizarre et je m’aperçois que tiens, les sacs ont FONDU sur la cuisinière, moi affolée, je regarde si j’ai pas tourné sans le vouloir les boutons en rangeant les courses. Non, non, rien n’est allumé, et pourtant ça brûle. Je regarde en dessous, et oui, il y a deux petites flammes sous la cuisinière, qui sont au dessous de l’espèce de faience blanche qui entoure les feux. C’est normal ça ? Dans le doute j’appelle le service technique de l’université : oui, oui, c’est normal que du gaz brûle en permanence, la flamme sert justement à allumer automatiquement les feux quand vous en avez besoin (effectivement, pas besoin de craquer une allumette pour allumer le gaz, mais je m’étais jamais posée la question d’où venait le feu magique).

Bon, du gaz brûle en permanence dans mon appart ainsi que dans probablement la pluspart des apparts de l’université, et probablement pas mal dans des apparts en ville aussi… Qui a dit gaspillage d’énergie à l’américaine ???

Quelques jours après, en revenant d’un cours de fitness, je rentre dans l’appart, et malgré la fenêtre ouverte je sents une très forte odeur de gaz… Gloups, que se passe t’il ? Alors je me rappelle des conseils entendus à la télé, tout ça, je n’allume pas la lumière et vais voir de quoi il retourne. Le gaz n’est pas allumé, bien. Je regarde sous le truc blanc de la cuisinère : les deux veilleuses sont éteintes probablement à cause du courant d’air de la fenêtre, donc du gaz se déverse librement sans se consumer dans l’appart… Coool. J’ouvre la fenêtre encore plus grand, je vais dans le salon (bien grand mot pour dire pièce commune à ma coloc et moi dans laquelle il y a des lits superposés, deux bureaux et un canap), j’ouvre les fenêtres et j’appelle le service technique de l’université. J’expose mon problème et je demande que quelqu’un vienne réparer ça, j’ai pas envie de mourir dans une grande explosion. « Don’t worry, it happens all the time, all you need to do is just light them back on ». Bon il faut que je rallume les veilleuses… ouiiiiiii et comment qu’on fait ??? « Well, just light a match and put it where the flame should be, and it will just light up, and you’ll be fine » «But isn’t it kind of dangerous to have a flame next to an open source of gaz ? » « No, no concentration is not high enough to cause an explosion, don’t worry ».

Errrr ok. Donc je suis censée rallumer à la mimine avec une allumette les veilleuses. Or craquer une allumette alors qu’on sent une très forte odeur de gaz, il me semblait que c’était pas conseillé. Bon, je me dis que cette femme, avait l’air de connaître le problème, et je suis une grande fille, si des abrutis d’américains y arrivent, pourquoi pas moi ??? Bon, me voici à la recherche d’une allumette dans l’appart. Après 10 min : Nous n’avons pas d’allumettes, ma coloc et moi, on ne fumait pas, et les bougies étant interdites dans les appartements d’universités (on voit la contradiction avec le gaz brulant en permanence…), pas besoin d’avoir des sources de feux… Ok, allez, je vais chez Mx, un pote qui habite deux portes plus loin, parce qu’en tant que fumeur, je me dis qu’il va bien avoir des allumettes… hein Mx ? « Tiens non, j’ai pas d’allumettes, j’ai un briquet par contre » « ok merci »
La mort dans l’âme je retourne dans mon appart… Au moins l’allumette, les doigts sont à 4cm de plus de la source de la flamme… Là, avec un briquet, ça se rapproche nettement… Bon allez, je suis une grande fille, je me lance en fermant les yeux…

Et oui, ça marche, je n’est pas explosée et j’ai bien allumé la seconde veilleuse… Et après, j’étais trop fière quand ça arrivait chez des amis terrifiés de rallumer les veilleuses sous leurs yeux ébahis.

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