Alors suite à des évènements indépendants de ma volonté, je ne suis partie que tard du Gers où j'avais passé la journée, vers environ 18h, alors qu'il y a quand même plus de 4h30 de route entre le Gers et le trou paumé du Lot où j'habite, et que je devais être en forme le lendemain, pour ma première réunion super importante.
Ok, donc je pars, tout va bien, j'avais fait Toulouse-Gers le matin, ça faisait donc pas mal de route dans la journée... motivée ! Bien sûr, j'avais perdu ma carte de midi-pyrennées et c'était un trajet que je faisais pour la première fois, donc j'ai appelé au moins 3 fois mes parents sur le chemin pour vérifier que j'étais sur la bonne route... vive les portables. en parlant de portable, un ami m'avait prêté un téléphone, parce que le mien, un sharp, ne capte pas dans le lot...
La nuit tombe, c'est des petites routes, parce qu'il faut passer par Condom puis Agen, puis Cahors puis peu de temps avant Figeac, prendre une petite route pour couper à travers champs, en gros, et rejoindre mon village. Bien sûr, il commence à pleuvoir ENORMEMENT. Je me dis GLOUPS : j'ai pas pris mon manteau, j'ai juste une petite veste... pourquoi n'ai-je pas regardé la météo. Je m'arrête à Cahors après plus de 3h de conduite, parce que j'en peux plus, j'ai envie de faire pipi, et j'ai faim. Je m'arrête donc au macdo, où je prends un mac flurry M&Ms (et oui, je suis l'équilibre alimentaire incarné...) au mac do, il y avait des gens bizarres, ça avait l'air pas très propre, donc finalement je me dis que bon, il me reste une heure de route, je vais arriver à tenir jusque chez moi.
Je repars, il caille, il pleut des cordes, il fait toujours aussi nuit, c'est environ 22h, je suis crevée. La route entre Cahors et Figeac est particulièrement mauvaise, c'est une route déserte qui traverse le Causse, des tournants, aucune visibilité, peu de panneaux, bien sûr pas d'éclairage, bref que du bonheur. J'étais assez distraite, je pensais à des évènements qui m'avait énervé dans la journée quand tout d'un coup, mon auto-radio s'arrête. Bon, ça lui arrive parfois, c'est un genre de faux contact, mais d'habitude, il se rallume direct, là, rien à faire, je le tripatouille dans tous les sens, rien. Bon, je relève la tête, et je me dis tiens, c'est bizarre, ça me parait vraiment très sombre l'intéreur de cette voiture. Bon, je dois me faire des idées ça doit être à cause de la lumière de l'auto-radio qui a disparu, c'est pas grave, après tout, c'est normal qu'il fasse sombre, je suis sous la tempête, dans la nuit, donc aucune raison que ça soit lumineux. Je baisse les yeux sur le tableau de bord, et là je me dis M**** le compteur de vitesse affiche 0km/h. Or je suis encore entrain de rouler, donc c'est que le compteur de vitesse ne marche plus. Ca fait chier, mais bon, le compte tour n'a jamais marché dans cette voiture et la jauge d'essence non plus donc bon je me dis juste que ça va être plus problématique, le compteur de vitesse parce que bon quand même avec tous les radars et les contrôles, maintenant, c'est pas mal de savoir à combien en roule... surtout que vu que je suis trop douée, si je le vois pas sur le petit cadran, je sais pas si je roule à 50 ou 90. Bon.
La je regarde devant moi et je me dis "AHHHHH P********************". Eh oui, les essuis glaces fonctionnent au ralenti, dans un balai très gracieux et très lent, et mes phares (je suis en plein phare, c'est la campagne la plus profonde, ça fait une éternité que je n'ai pas croisé une voiture), éclairent à peine comme les codes. Et là, grand moment de désespoir, j'y connais rien en voiture, mais je me dis, cette voiture, elle va s'arrêter dans pas longtemps, la batterie doit être morte, il faut que j'essaye d'économiser le peu de jus qu'il reste histoire d'essayer d'arriver à un village, une maison éclairée ou quelque chose du genre. J'arrête donc les essuis glaces et les feux. Bon, je me dis que ça me sert pas à grand chose d'avoir une voiture qui a encore du jus si je suis morte car j'ai frappé un arbre de plein fouet en roulant de nuit, sous la pluie, sans aucune lumière et donc sans aucune visibilité sur OU EST LA ROUTE... donc je rallume mes codes (histoire d'avoir l'équivalent en lumière des veilleuses) et je fais marcher les essuis glaces toutes les 30 secondes parce que sinon je ne vois absolument rien. Je roule sur environ 300 m, je suis chanceuse, c'est un bout de route qui est plutôt droit. J'arrive en haut d'une petite pente, et là, grand silence, et je me dis ARRRRRGGG, le moteur s'est arrêté, donc vu qu'il me reste un peu de vitesse, je me range bien sur le bas coté. Là je suis donc dans ma voiture, de nuit, sous une pluie battante, seule, dans un endroit désert quelque part sur le causse (j'ignore où, j'ai pas de carte!). Bon. PRESSION : est ce que mon téléphone va capter ??? Je le sors de mon sac et là, MIRACLE, ça capte. Je suis SAUVEE.
Juste à ce moment là, je vois des phares dans mon rétro intérieur, vite vite, je sors de ma voiture, et je fais des grands signes pour que la voiture s'arrête. La voiture s'arrête.
- "Bonsoir, excusez moi, je viens de tomber en panne, et j'ai deux questions, la première c'est est ce que vous auriez une idée de ce que je pourrais faire pour que ma voiture démarre ? et la deuxième c'est où je suis là ????je suis plutôt près de Cahors ou de Figeac ?
- Bonsoir, alors vous êtes à environ 25 km de Figeac, pour votre voiture, il y a eu des signes avant la panne ?
- Oui ( je décris)
- Bon, c'est peut être la batterie qui s'est débranchée, vous avez une lampe torche ?
- Euuuuh non, mais je peux faire de la lumière avec mon portable.
Alors nous voilà, comme des galériens, sous la pluie battante, à essayer d'éclairer au téléphone portable l'endroit où est la batterie pour voir si elle est débranchée (apparemment, non). (mais quand même, je m'auto-congratule : j'ai su ouvrir le capot de la voiture... parce qu'un super pote m'avait expliqué comment faire pour ouvrir et vérifier mon niveau d'huile une semaine avant... concours de circonstances, parce que sinon, j'aurais jamais trouvé ni la poignée pour ouvrir de l'intérieur ni celle sous le capot pour débloquer, ni le truc pour bloquer le capot... ça tient à peu de choses des fois !). Bon en tout cas, le mec ne peut rien pour ma voiture. (il a même appelé un pote qui s'y connait mais bon... à distance, pas grand chose à faire)
J'ai froid, je tremble, je suis trempée jusqu'aux os. Le mec me demande si je veux qu'il me ramène jusqu'à figeac. Bonne question. Déja, j'habite à 35 min en voiture de Figeac, donc même si j'arrive à Figeac, euuuh je fais comment après ??? Ensuite bon, et ma voiture, je fais quoi de ma voiture ??? et surtout : c'est 22H15, je suis seule, personne ne sait où je suis bizarrement, monter dans la voiture d'un inconnu de sexe masculin ne me parait pas être l'idée du siècle. D'un coté, passer la nuit toute seule à dormir dans ma voiture dans la campagne, ça me dit moyen... Grosse hésitation.
Bon dieu merci, j'avais changé d'assurance il y a pas longtemps, et quand ils m'avaient envoyé le nouveau papier vert, je m'étais amusée à le lire, et j'avais vu qu'il y avait un numéro à appeler en cas de panne ou d'accident : Mondial Assistance. donc là je dis au mec, euh non c'est bon vous inquiétez pas, je vais appeler mondial assistance et voir avec eux. La le mec me dit "ah ben vous arriverez jamais à les avoir, bon, vous pouvez essayer, en attendant, je vais attendre au sec dans ma voiture ".
Première tentative, l'appel échoue, deuxième tentative, l'appel échoue, troisième tentative l'appel échoue. Je tiens toujours le papier vert de l'assurance dans la main, pleine d'espoir, et là à la quatrième tentative, ça marche, ça sonne !!! Après plusieurs questions sur quelle voiture, quel est mon nom... elle me dit lesmots magiques "ok, je contacte un dépanneur, ne quittez pas". La je vais voir le mec et lui dit que c'est bon, il peut rentrer chez lui, je vais me débrouiller. La femme revient en ligne et me met directement en relation avec le dépanneur:
-Bon mais alors vous êtes où ?
-Euh sur la D638 entre Cahors et Figeac, et quelqu'un m'a dit que j'étais à environ 25km de Figeac
- Mais c'est quoi la dernière ville que vous avez traversée ?
- Euh, je sais pas trop, je faisais pas attention.
- Bon, mais vous avez passé Grezes ?
- Euh, non je crois pas, je sais pas peut être ?
- Bon ok, mais vous avez conduit combien de temps depuis Cahors avant de tomber en panne ?
- Euh, je sais pas.
- Vous êtes partie à quelle heure de Cahors ?
- Euh je sais pas.
- Mais comment vous savez que vous êtes bien sur la D638 alors ?
-Ah ben ça je sais parce que j'ai suivi les panneaux et c'est bien ce que le mec m'a confirmé.
-Bon, vous êtes dans des tournants ?
- Non, je suis sur une ligne droite, ça monte un peu, je suis en haut, sur le coté droit.
- ok, bon je crois que je vois où vous êtes, mettez vos warning, et attendez moi
Moi, brave, j'appuie sur le bouton des warnings. Là encore, grand moment, il y a rien qui se passe et au bout de 3 sec (3 lonnnnngues secondes), ça clique... et pareil encore un intervalle de 3 secondes avant d'avoir l'autre clic...
-Euh, ben en fait vous arriverez dans combien de temps, parce que je crois que les warnings vont pas tenir tout le temps jusqu'à ce que vous arriviez, donc il faudrait que je les déclenche quand vous êtes sur le point de passer.
-Ah bon écoutez, les warnings, c'est 12 watts, les veilleuses, c'est 6 watts, mettez vos veilleuses, je vous retrouverai comme ça.
Je me retrouve en communication avec la femme de l'assistance une nouvelle fois. Je lui demande ce qui est prévu pour me faire rentrer chez moi, parce que bon le dépanneur va prendre la voiture et moi, et nous amener à son garage... à 40km de chez moi... mais comment je fais après pour rentrer moi ???
elle me dit "ah désolée, il faut attendre l'avis du dépanneur avant de suivre le reste de la procédure"
- Non mais écoutez, il va bien falloir que je rentre chez moi, donc il faudrait déja commencer à faire les démarches, regarder mon contrat, téléphoner à un taxi... ?
-non je ne peux rien faire tant que je n'ai pas l'avis du dépanneur. Bon, rappelez moi quand vous serez avec le dépanneur.
[Heureusement, mes proprios sont sympas, je les avais appelé pour les prévenir que j'allais arriver tard, et que je n'étais pas tombée dans un ravin (rigolez pas, c'est arrivé à des gens qui auraient pu être mes collègues... et on les a retrouvé 3 jours après, pas en bon état). Et au pire, mes proprios pouvaient venir me chercher, mais bon, j'avais quelques scrupules à presque 23h, en pleine tempête de faire faire à mes proprios 1h de route A/R pour venir me chercher.. mais entre les déranger et passer la nuit dans le garage du dépanneur... c'était au moins uen solution de dernier recours!]
J'ai donc attendu, sans lumière, toujours seule, dans ma voiture, la nuit, dans la tempête, j'ai appelé des amis histoire de passer le temps, mais j'avais peur de plus avoir de batterie, donc j'ai vite pris mon mal en patience. Aucune voiture n'est passée pendant les 30 minutes pendant lesquelles j'ai attendu le dépanneur. Et bien sûr, j'avais TROP ENVIE DE FAIRE PIPIIIIIII. Comment j'ai tropppp regretté de pas y être allé au MacDo de Cahors... ça m'aura appris quelque chose : Toujours en profiter quand on a l'occasion, parce qu'on sait jamais ce qui se passera ensuite !
Et tout d'un coup, au loin, miraaaaacle le dépanneur, je suis SAUVEE. Le mec sympa, arrive, regarde deux secondes la voiture, et me dit, ok, il faut la charger. On se gèle, on est dehors, sous la pluie et là, il me dit que non, ce n'est pas de la pluie, c'est de la neige fondue (bon, moi en tant que bête citadine, je fais pas la différence entre l'eau et la neige fondue... mais faut croire qu'il y en a une !!!). 10 min plus tard, on est dans la cabine du camion, et là, j'appelle l'assurance, qui me demande de parler au dépanneur (heureusement, j'ai 8h de forfait !!!). Et là, grand moment aussi, j'ai eu TROP PEUR POUR MA VIE. Parce que forcément, toujours il fait nuit, c'est toujours la tempête, le dépanneur roule à tombeau ouvert sur des petites routes, avec un téléphone portable à la main et de l'autre il tient des papiers qu'il est entrain de consulter. Je commence à me dire que partir en voiture avec l'égorgeur potentiel qui m'aurait ramené à Figeac, ça aurait pas forcément été une mauvaise idée.
Là, le dépanneur me repasse la femme de l'assistance. Là, après consultation de mon dossier me dit, bon désolée, le retour au domicile n'estpas prévu dans votre contrat, par contre on vous remboursera la nuit d'hôtel. Moi : Non mais attendez, il y a pas d'hôtel dans le village où le dépanneur a son garage... donc il faut bien que je dorme quelque part... trouvez moi un taxi, au pire, je le paierai mais il faut que je rentre chez moi. Elle : Ok, bon écoutez, on vous prendra en charge la partie de la course qui correspond aux frais que l'assistance aurait engagé pour une nuit d'hôtel, soit 30 euros... Moi : Ben dis donc, pour trouver un hôtel à 30 euros... mais bon ok, je paierai le reste. Elle : très bien, je fais le nécessaire et je vous rappelle
On arrive au garage du dépanneur, il doit être aux alentours de 23h30. Je suis toujours trempée car j'ai passé pas mal de temps sous la pluie. Or un garage, par définition, c'est ouvert sur l'extérieur, et il caiiilllllle. Le dépanneur regarde plus en avant la voiture, et après quelques sombres manip refait démarrer la batterie et me dit que c'est probablement l'alternateur, et que donc la batterie s'est déchargée petit à petit jusqu'à être vide. Bien. Il ramènera demain la voiture au garage peugeot de Figeac, parce que lui a déja trop de travail. Le temps passe. Vers minuit, la femme de l'assistance appelle : elle est vraiment désolée mais les prestataires taxis qu'ils ont à figeac ne veulent pas travailler ou sont occupés (on est quand même un dimanche soir, où il fait environ 2° dehors, il pleut (apparemment de la neige fondue!) et c'est quand même plus de minuit). Le seul taxi qu'elle a trouvé est à 37km du garage du dépanneur, et le devis est de 137 euros. Or bon avec 30 euros de rembourser par l'assurance, ça ferait 107 euros de taxi, je refuse le devis, en pensant que bon, pour 107 euros, je préfère déranger mes proprios et leur offrir une bouteille de champagne en dédommagement plutôt que de le lacher à un taxi.
Je raccroche donc d'avec la femme de l'assistance, et le dépanneur me regarde : alors quelqu'un vient ?
-Non, le seul devis qu'elle a trouvé c'est 137 euros, c'est trop cher pour moi, donc je vais téléphoner à mes proprios pour qu'ils viennent me chercher.
- Ah non mais vraiment, ils sont nuls votre assurance, bon écouter, moi j'en connais un chauffeur de taxi, sur Figeac, je pense qu'il va venir, attendez, je l'appelle. (parce que quand même le brave homme, lui aussi, il avait pas que ça à faire qu'attendre que sa cliente contacte un taxi à minuit un dimanche soir...)
Et hop, il l'appelle :
LE DEPANNEUR-G, c'est R, j'ai une client là, elle est tombé en panne, il faut qu'elle rentre chez elle, tu peux venir ?
LE DEPANNEUR -oui je sais, moi aussi j'étais au chaud chez moi devant la cheminée mais bon, elle avait besoin d'assistance et puis quand faut y aller faut y aller.
LE DEPANNEUR -ok on t'attend.
Le taxi est arrivé 20 min après. Il m'a ramené chez moi pour la modique somme de 65 euros, et j'ai pu enfin aller me coucher...
Et le lendemain, ma réunion s'est bien passée, c'était tellement animé que je ne risquais pas de m'endormir !
vendredi 20 avril 2007
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1 commentaires:
Je tiens à rappeler une immortelle parole de l'Amiral Nelson: "Ne perdez jamais une occasion d'aller pisser!", qui est restée dans l'histoire. Moi aussi, j'ai parfois amèrement regretté de ne pas l'avoir connue plus tôt.
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